Santé & Sexualité

Santé & sexualité

Le principe du droit à la sexualité hors mariage “conventionnel” est une idée complétement rejetée dans notre pays. Que l’ont soit LGBTI ou pas, le fait d’avoir des pratiques sexuelles en dehors d’une union légale et religieuse entre un homme et une femme ci-genres n’est pas du tout accepté par la plus grande partie de la population. Toutefois, la forte hostilité de la société algérienne à toute forme de liberté sexuelle entre adultes consentants n’empêche pas les jeunes et moins jeunes d’avoir une vie sexuelle clandestine.

Cette difficulté d’avoir accès à une sexualité libre et assumée entraine de grandes frustrations et difficultés dans les pratiques quotidiennes. L’Algérie étant un pays qui fonctionne sur la base de règles patriarcales et machistes, les catégories les plus affectées quand il s’agit de sexualité sont les femmes en générale et les personnes LGBTI en particulier. Nous ne comptons plus les femmes obligées de recourir à l’avortement sauvage car n’étant pas mariées, elles ‘ont pas droit aux moyens de contraceptions et comme leur hymens représentent “l’honneur” de leur familles, elles n’ont pas d’autres choix que de celui de mettre leur santé en danger pour s’en sortir…

Concernant les personnes LGBTI, leur relations ne pouvant pas rentrer dans le cadre d’une union légale, leur sexualité est purement et simplement criminalisée par le code pénal. Différentes catégories de cette communauté sont fortement touchées par les fléaux des maladies sexuellement transmissibles dont le VIH, ce qui fait de cette communauté, une population vulnérable. Ce n’est pas la pratique sexuelle en soit qui augmente les risques d’infections mais plutôt le non accès à l’information, à l’éducation sexuelle et donc à la prévention qui le fait. Il est clairement prouvé par les différentes organisations de lutter contre le VIH dans le monde que la stigmatisation des populations vulnérables est un facteur qui pénalise de manière significative la prévention contre cette maladie et toutes celles liées à la sexualité. Il est en effet très difficile de recommander à un homosexuel l’utilisation du préservatif quand il n’y a pas accès comme il est inutile de demander cette personnes d’aller faire des tests de dépistages quand elle est durement jugée une fois arrivée au centre de dépistage. La criminalisation de ces personnes est en soit une barrière à toutes possibilités de pratiques positives de préventions.

Nous pensons que le droit fondamental à la santé aux personnes LGBTI est fortement violé par les lois sociales et juridiques et nous voulons faire de ce lieu un espace de plaidoyer pour une nouvelle politique de santé et en parallèle un point d’échange d’informations pouvant optimiser l’Accès à une éducation sexuelle.